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19/12/2007

Mercan Dede / sufi dreams (Golden Horn - 1997)




Il était une fois dans la ville d'Istanbul, en 1997, un jeune joueur de Ney. Le Ney était une longue flûte en roseau dont les notes étaient aussi douces qu'une soierie byzantine. Ce jeune musicien avait pour nom, Arkin Allen, mais tout le monde l'appelait Mercan Dede. Ca désigne en turc, un haut dignitaire soufi.
Il avait une drôle d'allure, imaginez donc un jeune homme au crâne rasé, le visage émacié décoré de multiples piercings et un tatouage autour du cou.
Ce jeune mystique proposait à qui voulait le suivre, un mélange enivrant de soufisme et de musique électronique. Il suffisait d'une écoute pour succomber à la transe!!!
Emerveillé par la flute persane ou par la mélopée de sa consoeur spirituelle Brenna Mac Crimmon, l'auditeur perdait peu à peu ses repères, plus rien n'avait d'importance à ses yeux.
Hypnotisé par les percussions du bendir ou des tablas, son seul souhait était de retourner dans son cocon et de rêver. Ainsi, sa conscience se promenait dans un monde onirique fait de soufis, de gitans et de musiciens merveilleux.
Mercan Dede ne proposait pas de dogme, son message était universel, une porte vers la méditation.
Comme la brume s'évapore pour laisser la place au soleil, la musique doucement s'échappe!!!
Hagard, l'auditeur sort de son mutisme et se réveille au monde qui l'entoure tel un nouveau né, le regard inquiet.
Remis de ses émotions, il cherche du regard, le jeune homme aux contours filiformes. Dans la brume du matin, déjà disparaît le joueur de flûte...A bientôt Mercan!

Aujourd'hui encore, une douce mélodie partage les rêves de ceux qui ont croisés sa route.

http://www.myspace.com/mercandede
www.mercandede.com

14/12/2007

Beyond Istanbul: Underground Grooves of Turkey - Compiled by Ipek Ipekçioglu




Gling...gling, mais que fout 50 cent dans cette compilation ? L'intro du morceau, en tous cas m'y fait penser méchamment. Le beat laisse la place, maintenant à une mélodie ce qu'il y a de plus traditionnel. On me dit à l'oreillette que c'est l'oeuvre d'un duo français "Pascal Werner & Stéphane Horeau". Pas grand chose à dire, les petits frenchies ne se sont pas foulés: une boucle électro et un sample de musique folklorique...Bof!
Remercions cette compil' de nous présenter Şivan Perwer, un artiste kurde dont j'apprécie énormément la musique. D'emblée sa voix grave et les arabesques envoûtantes des joueurs de saz nous transportent.
Passons très vite sur Cay Taylan et Baba Cay qui ne proposent pas grand chose de nouveau et ne nous attardons pas sur le R'n'B orientalisé de Nil Karaibrahimgil.
J'ai bien aimé aussi dZihan & Kamien qui ont compris que dans l'électro, rien ne se perd, tout se transforme et j'ai complétement craqué pour la collaboration du Brooklyn Funk Essential et de Laço Tayfa qui revisite le Ska.
Dans ce grand brassage trans-musical, la compilation "Beyond Istanbul" touche du doigt le divin avec la collaboration du multi instrumentiste Burhan Öçal et de Trakya All Stars. Rayez la mention inutile : electro-rom ou down tempo tzigane.
Sans mercantilisme, on n'oublie pas les valeurs sures de la Scène Stambouliote avec l'homme qui toaste plus vite que son ombre : Ceza, les obscures chamanes Baba Zula ou bien les rockers Replikas, qu'on ne présente plus...

Tous ces morceaux ont été compilés par Ipel Ipekçioglu, une dj turque qui bosse dans une boite de nuit berlinoise. Son postulat de départ est de proposer une musique métissée à une population diverse. Dans l'ensemble, le choix des morceaux est assez judicieux, pas tout le temps original. Malgré ça, plusieurs fautes de goût sont disséminées dans la galette.
Enfin je ne suis pas convaincu par le mix, parfois inexistant, souvent convenu et de toute façon relativement inutile.

12/12/2007

Baba Zula / Duble Oryantal (Doublemoon - 2005)




C'est avec une certaine appréhension que je vous livre ici ma première chronique. Commençons par présenter le groupe qui m'a mis le pied à l'étrier de l'insondable et mystérieuse musique turque.
Voici donc le fameux groupe Baba Zula qui officie depuis 1996, entité stambouliote par excellence de par son enracinement traditionnel et sa vindicative modernité.
Pour cet album qui date de 2005 paru sur le trés bon label Doublemoon, l'équipage mystique a fait monter à son bord des mousses de renom!!On retrouve Brenna MacCrimmon, chanteuse turco-canadienne, mais aussi Alexander Hacke d'Einsturzende Neubauten qui vient tenir la basse sur pas mal de morceaux. On peut noter aussi l'apparition des fameux Sly & Robbie. Enfin pour en finir avec la présentation de l'équipage de ce bateau ivre, n'oublions pas cet homme qui a déja fait pas mal de voyages avec Baba : Mad Professor, à qui on doit le mix et la prod. du skeud.
Insérer le disque "Duble Oryantal" dans sa platine, c'est ouvrir la boîte de Pandore.Du reggae ? mouai...., du rock ? ouchhh mais pourquoi pas, de la musique traditionnelle ? OK, mais non..., de l'électro ? oui vite fait...., de l'oriental dub ? si c'est eux qui le disent, restons là dessus... Baba Zula ne se pose aucune limite, préférant le mélange des genres à l'approche trop souvent mercantile de la World Music.
L'album commence et déjà on entend au large les infra basses des mammifères marins. C'est sur une rythmique dub que l'album commence, accompagné par l'instrument essentiel du groupe : le Saz. On découvre alors une mélodie qui ne nous quittera plus tout au long de l'album...elle imprègne la plupart des morceaux suivants comme l'odeur du patchouli dans une communauté de babos au Larzac.
Au fur et à mesure, la darbouka se fait de plus en plus insistante en développant un jeu hypnotique et lancinant. Arrive le 6eme morceau, et Baba salue et rend hommage à ses confrères spirituels jamaïcains. La mer se démonte, l'équipage se réfugie dans les calles du bateau et s'enivre jusqu' au bout de la nuit.......
Le bateau est ivre, bon vent à toi ....BABA